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Éteindre, une idée lumineuse pour la biodiversité !
En tant qu’espèce diurne, l’Homme a développé l’éclairage artificiel pour voir la nuit. Seulement, en modifiant la quantité et les caractéristiques de la lumière dans les paysages nocturnes, cet éclairage perturbe tous les organismes vivants, y compris l’Homme.
Aujourd’hui, l’éclairage est un véritable outil de développement économique et de valorisation architecturale du patrimoine bâti. L’éclairage est présent partout, en ville comme à la campagne, dans les centres-villes et centres-bourgs, les zones d’activités, et s’est aussi largement étendu au réseau routier. Il est également présent dans les jardins privés comme équipement ou élément décoratif.

Le développement de l’éclairage artificiel s’accompagne de l’apparition de la pollution lumineuse. Ce phénomène correspond à l’impact de la lumière artificielle sur la qualité du ciel nocturne altérant les cycles biologiques des espèces animales ou végétales. Cette pollution peut avoir plusieurs origines :
- un mauvais réglage des éclairages conduisant à un phénomène d’éblouissement
- une forte densité de point lumineux et la réflexion sur certaines surfaces créant une ambiance de sur-éclairage
- la création de halo lumineux par diffusion de la lumière dans l’atmosphère
Une problématique collective
L’éclairage artificiel est très présent dans l’espace public pour éclairer les voies de circulations, les parkings, mais aussi pour la publicité (enseignes, panneaux éclairés, panneaux vidéos…) et la mise en valeur architecturale. Selon un rapport de l’OPECST (Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques) publié en janvier 2023, 70 % de l’éclairage extérieur est public. Cependant, l’éclairage privé reste important selon les secteurs, notamment dans les extérieurs d’entreprises (celles actives la nuit ou pour assurer la sécurité), de centres commerciaux, dans les espaces de co-propriétés ou bailleurs sociaux et dans les jardins des particuliers. Ainsi, tout le monde est concerné et peut agir à son échelle.
Les impacts de la pollution lumineuse
Aujourd’hui, plus de 60 % des invertébrés et environ 30 % des vertébrés vivent partiellement ou exclusivement la nuit. Sachant que les invertébrés représentent 90 % de la diversité des espèces sur Terre, on comprend que c’est en fait la majorité du monde animal qui est nocturne en tout ou partie.
Néanmoins, la différence précise entre une espèce diurne et nocturne n’est pas toujours simple. De nombreuses espèces (chouettes, chauves-souris, cervidés…), dites nocturnes, sont en réalité actives surtout au crépuscule et à l’aube. La biodiversité nocturne a des comportements et des adaptations très variés au manque de lumière. Passer inaperçu est un enjeu important, que ce soit pour les proies ou les prédateurs.
Une espèce animale arrivant sur un éclairage mal orienté, ou surprise par les phares d’une voiture peut se retrouver éblouie. Ce phénomène est aussi responsable de la forte mortalité des hérissons ou des renards près des routes, ces derniers pouvant mettre plusieurs heures à retrouver une vision normale après avoir été aveuglés par une voiture.
N’oublions pas la flore, qui regroupe un grand nombre d’espèces. La lumière émise en direction d’un arbre va retarder la chute des feuilles à l’automne contrairement à un arbre d’une même espèce non éclairé.
L’ensemble des pollutions, dont la pollution lumineuse, constitue l’une des 5 principales causes d’érosion de la biodiversité à l’échelle mondiale. La lumière artificielle est une cause majeure de disparition des insectes, au même titre que les pesticides, avec plus de 150 insectes qui meurent chaque nuit d’été sous un lampadaire.
L’extinction, un choix éclairé
L’extinction totale permet la réversibilité de la pollution lumineuse. C’est la solution la plus simple, la plus économique et la plus favorable à la biodiversité.
L’éclairage devient donc utile à la société mais néfaste pour la biodiversité. Cela montre également les limites d’une extinction seulement en cœur de nuit (22h-5h par exemple) car à ces moments là, l’impact favorable de l’extinction sur la biodiversité sera moins important.
C’est pourquoi il a été décidé de mettre en place un éclairage soit partiel (seulement aux horaires sensibles) soit de xxh à xxh
En savoir plus / Sources :
- https://www.biodiversite-centrevaldeloire.fr/comprendre/dossiers-thematiques/eclairage-et-biodiversite
- https://www.edf.fr/sites/groupe/files/2023-09/4p%20-%20Concilier%20%C3%A9clairage%20nocturne%20et%20biodiversit%C3%A9%20VF.pdf